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Le pays où il pleuvait dedans, fiche pédagogique et extraits PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 26 Novembre 2010 11:09

1/ Présentation de l'ouvrage :

Cet ouvrage est parrainé par Passage Réseau Addiction 31.

À Pamiers, dans la famille Barenboïp, il y a le père (plutôt absent), la mère (plutôt déroutée) et leurs cinq enfants : Eliane 9 ans (plutôt malade), Emmanuelle 11 ans (136 de QI), Eva 13 ans (plutôt énervée), Etienne 15 ans (plutôt insignifiant), Eric 17 ans (plutôt drogué).
Tour à tour, les points de vue d'Eva, d'Eliane et d'Eric comptent et content la chronique familiale : les petits bonheurs du quotidien et les quelques malheurs qui pèsent sur leurs épaules. Mais encore, ou surtout, ces regards d'enfants d'âges différents portés sur leur mère... Comment entre neuf et dix-sept ans, les regards peuvent basculer (presque) sans qu'on s'en aperçoive.
Nous déambulons avec eux, au fil de leurs pensées et de leurs émotions, le long du canal du Barriol ou de celui du Calvaire...


Une mère, un père, et 5 enfants. Une belle famille. Sauf que l'aîné, Eric, 17 ans, se déscolarise petit à petit, en fumant des joints et en buvant de l'alcool. Un jour, il « plaque » tout et quitte sa famille pour vivre dans un squat. On observe de quelle façon il manque aux autres membres de la famille, en parallèle à la destruction journalière qu'il vit.
Idem pour la plus jeune, Eliane, 9 ans, qui est atteinte d'un cancer. Comment elle aborde les soins, comment les mots des grands résonnent. On ne soupçonne pas la grande imagination des enfants qui entendent « autrement » les paroles des grands. Et les trois autres, de la fratrie, sont-ils en reste, vivent-il bien, sont-ils épanouis ?
Malgré les misères qui s'abattent sur la famille Barenboïp, l'ensemble de ses membres reste résolument optimiste. Loin d'être anxiogène pour l'adolescent, ce roman au ton juste fait comprendre que l'on peut cumuler plusieurs ennuis ou plusieurs histoires dans une famille, que les choses s'imbriquent ou explosent, mais qu'il y a deux choses essentielles à comprendre : que l'espoir, c'est la vie. Et que la mort fait partie de la vie.

D'autre part, les conflits abordés dans une multitude de dialogues peuvent désamorcer des situations en cours chez des adolescents qui chercheront à s'impliquer ou se substituer aux oppositions décrites.


2/ Thèmes abordés

a- Il y a beaucoup de stades dans une addiction comme la drogue ou l'alcool. Pouvoir en parler avec des adolescents qui s'identifient ou non avec le personnage d'Éric, ouvre une porte à un dialogue pédagogique qui peut être riche de sens et favoriser les questions et les confidences.

b- c- Lorsque des maladies s'installent dans une famille, comme le cancer d'Éliane ou les addictions d'Éric, les autres membres de la famille sont d'abord démunis, puis ils réagissent, et se battent (d'autres ne pourront pas et resteront anéantis...). Ils se battent pour aider le malade à vaincre. Expliquer ces aides, ces batailles, n'est pas vain. Car trop souvent encore, ces maladies font peur, elles sont tues, et le silence n'est pas sain. Ré-Agir et lutter est prendre le chemin d'une possible guérison.
L'auteur, qui a vécu ces problèmes, ne prend pas parti. Elle met des mots simplissimes dans la bouche d'Éliane, sur ses terreurs nocturnes, et explique clairement une situation complexe. Lorsque Éric éructe et oublie sa fratrie, saoul et drogué, cette scène vaut bien des discours de mise en garde sur l'alcool et la drogue.

c- e - Il est très intéressant de traiter un texte où les enfants ont de 9 à 17 ans. Être adolescent, c'est être assis entre deux chaises, c'est inconfortable, aussi les lecteurs comprennent pourquoi cette mère qui est la même pour ses cinq enfants est ressentie cinq fois différemment. De l'amour de la plus petite, mais aussi de l'irritation à, plus tard, la détestation du plus grand qui la rejette totalement, nous traversons les étapes de l'adolescence avec la mère universelle.

f- Sujet sensible s'il en est, le deuil d'un enfant, tellement innommable qu'il ne porte pas de nom (on peut être orphelin de père ou de mère, mais on est < ????> de son enfant), est traité ici avec une simplicité voulue par l'auteur, qui a déjà traité la mort d'enfants dans d'autres ouvrages. Si Éliane mourait de son cancer, la tristesse de la famille aurait été toute autre. La mort d'Eric, tombé dans une telle déchéance, est presque un soulagement pour elle. En outre, parler des morts les maintient en vie dans la mémoire collective. Le jour où tous les vivants se taisent ou meurent à leur tour, le mort est tué une dernière fois. On peut établir un parallèle avec d'autres civilisations qui vivent le deuil différemment, comme au Mexique, en Inde, en Afrique, etc...

ISBN : 9782916422190 - 15 x 21 cm - 115 pages - à partir de 12 ans - 7,00 €


*Marie Mélisou : « Que j'écrive pour les jeunes lecteurs qui commencent à appréhender la lecture, pour les enfants lecteurs ou pour les adolescents, quelques particularité de mon écriture sont le grand nombre de dialogues placés dans mes textes, une ambiance humoristique et poétique à laquelle je tiens et le fil directeur à travers mon œuvre, un travail sur les différences ou les similitudes qui séparent ou rassemblent les êtres. »


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