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Téméraire et Timoré : fiche pédagogique et illustrations PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 07 Novembre 2010 06:44

Public visé : 3 ans à 7 ans


1/ Présentation succincte de l'ouvrage :

Deux frères jumeaux, l'un est téméraire, l'autre est timoré. Le timoré reste au salon, à boire du thé au citron, il a peur du noir, il a peur des araignées. Le téméraire, lui, veut savoir ce qu'il y a derrière la montagne... Il part visiter le vaste monde, en quête d'un défi à la hauteur de son courage... Aux confins de la terre, il débusque un dragon monstrueux avec une princesse enchaînée sur son dos.
Mais par le jeu du hasard, c'est le timoré, resté tranquillement à la maison, qui va épouser la princesse !

Un conte initiatique, pour tous les enfants à partir de 3 ans, qui explore implicitement la tension entre l'envie d'aventure et le besoin de sécurité. L'enfant s'identifie idéalement au héros courageux mais se reconnait en réalité dans le frère timoré. Quand ce dernier, finalement, reçoit l'amour de la princesse, l'enfant se trouve rassuré sur sa propre valeur.

Téméraire et timoré est un livre à lire à haute voix. C'est un texte de conteur, un texte d'orature. Sa richesse symbolique dissimulée derrière une belle histoire, s'adresse directement à l'être profond de chacun, le rassure et lui indique des pistes pour grandir.

2/ Thèmes abordés

L'argument principal du livre parle du courage et de la peur. D'emblée l'un des frères est courageux, l'autre peureux, c'est ainsi, il n'y a pas d'échelle de valeur entre les deux, pas de jugement. De plus ce sont des jumeaux, ils symbolisent les deux visages d'une même personne, les deux personnalités de l'enfant qui se sent parfois téméraire et parfois timoré. Il n'y a pas véritablement de concurrence entre les deux frères, on signifie par là à l'enfant qu'il peut faire la paix entre son téméraire et son timoré intérieurs.
À la fin du livre, le frère téméraire n'est pas revenu, en fait il n'a pas disparu. Simplement le héros en épousant la princesse à unifier son être profond, ni téméraire, ni timoré il a trouvé ce vrai courage : assumer sa vie avec les autres, il est devenu adulte.
L'enfant entend inconsciemment à travers ce récit que ses peurs et ses rêves, qui semblent inconciliables, finiront par se rencontrer, se compléter pour faire de lui un « grand », un vrai. Cela le rassure et l'aide à grandir. Il apprend d'autre part qu'il faut être téméraire pour entreprendre une chose, mais qu'un fond de sagesse est nécessaire pour la réussir.

La princesse, dans les contes merveilleux, est le symbole de l'idéal à atteindre. Elle incarne le dessein d'une vie, ce sens profond qui donne une direction à toute une existence, ce rêve qui nous porte dans les moments difficiles. Elle enseigne à l'enfant que le vrai sens de la vie est au-delà des simples contingences du quotidien, que c'est dans le dépassement de soi-même que l'on s'accomplit véritablement. Cela lui donne une légitimité à rêver de dépasser ses capacités actuelles de « petit ».

Le dragon incarne la toute puissance des adultes face à laquelle l'enfant ne peut rien. Cette impuissance totale dans laquelle ils se sent a quelque chose de désespérant.
Le récit lui indique que non seulement, à force de grandir, il saura échapper à cette tyrannie (apparente) mais qu'il en profitera à son heure, qu'il s'y installera, une fois grand, comme le héros s'installe dans le corps du dragon vaincu.
Ce schéma indique que ce n'est pas dans l'affrontement avec le dragon (les adultes) que l'on peut grandir, mais dans l'accomplissement de soi. Le temps venu ce dragon de la toute puissance des adultes cèdera de lui-même la place à l'enfant devenu à son tour adulte.

Le graphisme enfantin au premier abord (illustrations), se révèle ensuite riche et subtil. Les images fourmillent de petits détails qui font que l'on peut lire et relire l'album et toujours être surpris, regardez la forme du buisson près de la maison des deux frères...
Le dessin n'a rien de réaliste, il laisse de la place à une lecture symbolique, la disproportion, par exemple, entre le dragon et le jeune homme dans la page centrale vient bien souligner le caractère de toute puissance du symbole sous-jacent.


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