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Papi était hippy : fiche pédagogique et extraits PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 19 Novembre 2010 00:00
Dix scènes, une heure à une heure trente selon les prolongements que l'auteur souhaiterait inspirer.
Public visé : classe de 3ème à la terminale ; ados et adultes.

Cette pièce très humoristique n'est en aucun cas la chronique d'une époque, mais elle repose sur des faits réels et vécus (par l'auteur et nombre de chevelus-barbus de l'époque). Elle prend en transversale un grand nombre d'aspects de la période hippy, en partant de la contestation de mai 68 pour se rendre dans les communautés de babas cool en passant par la route des Indes et la salle à manger d'une famille de bon bourgeois.


Elle peut être interprétée par huit élèves, mais compte suffisamment de rôles pour en occuper trente


1/ La construction de la pièce
La pièce se présente sous la forme de dix courtes scènes qui débutent par des « tableaux vivants ». Papi feuillette son album de photos avec ses petits-enfants, un groupe d'acteurs monte sur scène et reproduit la photo qu'ils regardent à cet instant. Les enfants posent des questions, font des commentaires, papi répond ou joue son joker, et, quand ils se taisent, les acteurs se mettent en mouvement pour jouer la scène évoquée.


2/ Thèmes abordés
Il est difficile pour un ex-hippy d'aborder avec ses enfants et petits-enfants les années débridées de sa jeunesse. Le sujet, quoique cocasse, est véritablement brûlant. Comment dire à ses enfants : « J'ai abandonné les études, je suis allé en stop à Katmandou, j'ai fumé de l'opium, couché avec toutes les femmes de la communauté, je me suis battu contre la société et son système, j'ai... » La liste est longue des tabous et des interdits qui ont été foulés aux pieds par une génération qui découvrait la liberté. L'ex (et peut-être toujours) rebelle a peur de perdre son autorité, de salir son image idéalisée par les enfants, de devoir avouer l'inavouable, d'inciter une certaine émulation, mais aussi d'avoir un retour de nostalgie déprimant en regardant dans le miroir ses cheveux courts et grisonnants.
Cette pièce aborde en les dédramatisant un grand nombre de ces thèmes qui ouvrent sur autant de questions et de réponses, donc de dialogue avec les élèves : la liberté et le respect de l'autre, les droits et les devoirs, l'interdépendance et l'indépendance, l'utopie et la nécessité d'un monde meilleur, la drogue, la société et la responsabilité personnelle au sein de la société, la soumission, la conscience de soi, la brièveté de la vie...

- Scène I, « bas les masques, papi ! » : deux enfants trouvent dans un coffre de vieux vêtements très étranges et bizarrement parfumés, ils sont à leur papi. Papi passe aux aveux, mais mamie trouve un prétexte pour s'éclipser : aurait-elle elle aussi quelque chose à cacher à ses petits-entants ? Un passé gênant ?
- Scène II, « Mai 68 » : manifestations et discussions entre étudiants : à bas l'impérialisme américain, tous pour une société plus juste et plus égalitaire, le pouvoir aux ouvriers, sous les pavés la plage...
- Scène III, « le rejet de la société » : rejet du métro-boulot-dodo, du « passe ton bac d'abord », de la hiérarchie, du politiquement correct, de l'éducation... Le nouveau mot d'ordre est  "peace and love"... À la fin de la scène, un étudiant décide de tout plaquer pour vivre au plus près de sa spiritualité. C'est papi.
- Scène IV, « l'utopie » : deux couples d'autostoppeurs se rencontrent sur la route vers le rêve. Chacun expose son but, qui va du retour à la nature au Népal qui fait fantasmer, en passant par « On ne sait pas où on va, mais on y va ! »
- Scène V, « la drogue » : le Népal, une autostoppeuse, Barbara, y partait justement. Papi ne l'a jamais revue et il s'interroge. Cette courte scène est muette, mais très expressive. Barbara apparaît comme autrefois à Papi. Elle fait lentement le tour de la scène et quatre junkies lui tendent de quoi se droguer : aiguille, pipe à opium, shilom, sachet de poudre. Barbara les met silencieusement dans son sac à dos, on ignore si elle a l'intention de consommer. Elle frôle Papi qui tente de la retenir et disparaît dans une lumière bleutée soulignée par une musique psychédélique. Papi : « Je ne sais pas si elle est allée jusq'au Népal. Et encore moins si elle en est revenue. » Une bonne introduction pour une discussion sur le sujet.
- Scène VI, « la vie en communauté dans les montagnes » : la volonté de vivre en autarcie, le rejet de la sécurité, l'émerveillement devant la nature et devant Soi, la confrontation des idées et des sexes.
- Scène VII, « les bons bourgeois » : deux couples et un enfant mangent ensemble un dimanche et découvrent à la télévision les images de Woodstock. En voyant ces femmes si libres, la maîtresse de maison et son invitée commencent à égrener leurs revendications face à leurs maris respectifs... qui commencent eux-mêmes à égrener leurs revendications face à la société. Des revendications qui rejoignent étrangement celles des manifestants, des hippies, des rebelles... Et si les 68-tars n'avaient rien inventé, s'ils n'avaient fait qu'exprimer des revendications très anciennes ?
- Scène VIII, « l'évolution de l'espèce (dans la pratique) » : cette scène est une succession rapide et chronologique de tableaux allant de l'arrière-grand-mère à la femme actuelle, de l'épouse, mère de famille et maîtresse de maison, à la cadre supérieure moderne qui fait livrer des pizzas pour la famille.
- Scène IX, « à chacun sa période hippy » : L'auteur écrit « Son esprit gauchiste et communautaire ne l'ayant pas quitté, l'auteur, qui ne revendique pas la propriété exclusive des années 1970, laisse cet espace de liberté aux spectateurs et aux comédiens. » Cette pseudo-scène est un prétexte pour libérer la parole et engender le dialogue entre les générations.
- Scène X, « la révolution des mamies ! ».