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Guerre des sables : fiche pédagogique et extraits PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 19 Novembre 2010 00:00
Ouvrage soutenu par la Ligue de l'enseignement des Yvelines.

 

Public visé : classes de 6ème à 4ème selon le niveau de lecture.
1/ Thèmes abordés

Le thème principal de ce livre, la guerre au Sahara occidental, permettra aux jeunes Européens de découvrir une réalité qu'ils ne soupçonnent qu'à travers la lucarne sélective du petit écran. Si l'on devine nettement la sympathie de l'auteur pour les Sahraouis, cette sympathie ne va que vers le peuple dont la fin et la faim ont été programmées, et non vers son combat politique. Didier Debord a ses opinions, mais il ne prend ici partie pour aucun des deux camps. Seul le côté humain de cette tragédie l'intéresse dans ce roman qui n'est donc pas un ouvrage à connotation politique.

Selon l'âge des élèves et leur maturité de réflexion, les différents aspects développés ci-dessous devront être abordés à des degrés divers. C'est ainsi que le côté géopolitique très complexe, traité en quelques paragraphes seulement, ne pourra pas être approfondi avec les plus jeunes. Il pourrait par contre permettre de lier plusieurs matières d'enseignement dans des approches pédagogiques transversales (histoire, géographie, français, instruction civique). La présence de jeunes Maghrébins - qui découvriront bien souvent eux aussi ce conflit - dans la communauté scolaire ne peut qu'enrichir le débat.

a/ Le conflit
Si l'atmosphère de la guerre apparaît clairement à diverses occasions, elle ne domine pas le livre. Elle en est le prétexte et l'auteur entend seulement mettre en évidence les conséquences quotidiennes du conflit sur ceux qui la subissent. Ses causes et son évolution sont évoquées en quelques paragraphes, La guerre des sables n'est en effet pas un ouvrage géopolitique, mais entend être un prétexte à les développer avec les enseignants compétents.

b/ La difficulté de l'enfance dans un pays en guerre, le droit à l'enfance et à la scolarisation.
L'école est volontairement absente du roman. Dès le premier chapitre, les enfants Sahraouis sont confrontés à la réalité des armes, mais la violence reste discrète. C'est leur quotidien, la guerre est omniprésente et ces armes ne représentent pas en soi un véritable problème. L'enfant évolue avec une relative insouciance dans ce contexte, il s'amuse, se dispute, tombe amoureux et remplit son rôle social comme n'importe quel enfant dans le monde. Cette insouciance est toutefois fragile, on le voit à l'exemple de Mahmoud dont le père se trouve subitement dans l'incapacité d'assurer la pitance de la famille. La scolarisation est (encore) un problème secondaire, ce qui ne signifie pas que la communauté ne s'implique pas dans l'éducation des enfants.

c/ La vie sociale
Mahmud a une vie sociale, avec ses copains et les hommes, mais aussi une vie amoureuse qu'il assume complètement dans sa candeur et qui le porte. Cette vie sociale est surprenante pour un jeune Européen dont le cercle intime est très étroit. La famille s'entend ici au sens large, chacun compte sur tout le monde et la peur de l'autre ne s'applique qu'à l'étranger. La précarité de la situation engendre la solidarité, la communauté y est « condamnée », sa survie en dépend. La vie sociale des femmes et des petites filles est clairement différente de celle des mâles de tous âges. Il est important de constater que la situation n'a pas affecté outre mesure les traditions des Sahraouis, mais leur mode de vie qui est devenu sédentaire.

d/ Existe-t-il d'autres solutions que la violence ?
Si Mahmoud opte pour la non-violence et décide de reconquérir son pays et sa fierté en reprenant la vie pastorale traditionnelle des Sahraouis, son frère, qui apparaît en filigrane tout au long de l'ouvrage, a opté pour la violence et s'est engagé dans les rangs du Polisario. Utopie contre réalité ? Il en est de ce conflit comme de tous les autres, mêmes quotidiens : seule la volonté de s'exprimer et d'écouter l'autre permet le dialogue, autre alternative très souhaitable à sa résolution.


2/ Les thèmes annexes
Les enseignants qui le souhaitent peuvent aborder deux thèmes qui ne sont pas évoqués, ou très peu, dans cet ouvrage :
a/ la part de responsabilité des nations occidentales dans ce conflit (exploitation des ressources naturelles et des hommes, tracé péremptoire des frontières...)
b/ la part de responsabilité de chacun de nous à travers son comportement de citoyen du monde et de consomm'acteur.
c/ la perception du monde à partir de « l'Occident » : la surenchère du sensationnel aux informations, notamment télévisées, la cohabitation indifférente du Nord avec le Sud dont il observe les malheurs entre la poire et le fromage.